Un pouvoir incapable

Un pouvoir incapable

En principe je ne commente pas l’actualité… car ce qui compte ce n’est pas l’écume de la mer, mais la profondeur de l’eau …

Pourtant, quand un fait est à la fois important et peut-être pas suffisamment perçu par suffisamment de monde, il peut ne pas être inutile d’attirer l’attention de ceux qui peuvent ne pas l’avoir remarqué…

Ne commentons pas de façon approfondie la manière dont le gouvernement actuel gère la crise du coronavirus. Il y aurait tellement à dire et tout le monde en est conscient ! Faisons seulement deux remarques :

Au niveau du détail : quelle maladresse d’avoir prévu une amende de 135 € à infliger aux contrevenants. Le gouvernement a voulu impressionner les citoyens par une image de fermeté (comme toujours par des mots !) ; mais, en ce qui me concerne, il m’impressionne à la fois par sa maladresse (car le niveau trop élevé – qui aurait dû se situer autour d’une trentaine d’euros – empêche son application sur le terrain…) et par son manque d’autorité (puisqu’on voit un grand nombre de gens sans masque [ou avec le masque rabattu sur le cou] qui circulent sans que personne ne vienne les interpeller).

Au niveau de l’essentiel : on sent que le pouvoir a peur : il craint le développement d’une désobéissance qui va de plus en plus se généraliser à la fois sous l’effet du cumul de ses innombrables maladresses et d’un  mécontentement général qui ne date pas d’aujourd’hui. Il éprouve sans doute une crainte panique de la multiplication des manifestations de rue, susceptible de déboucher sur une grande manifestation surprise.

Sinistre spectacle, que jusqu’ici on avait rarement vu dans notre pays, celui de ce très lourd  déploiement des forces de police, de gendarmerie et de CRS, (qui fait contraste avec l’absence de réaction des policiers devant les infractions individuelles constatées tous les jours à tous les coins de rue…).

Le pouvoir se sent faible et  incapable. (En cela au moins, il  doué d’une certaine lucidité… ).

Quand il voit une grande majorité de Français porter le masque, le président de la république éprouve sans doute le plaisir de se sentir obéi ! mais il ne l’est pas par le fait de sa compétence et de son autorité, mais par la crainte des Français à l’égard de la maladie (crainte,  que, dans son impuissance, il fait tout pour accroître chaque jour par le matraquage ridicule et irresponsable de ses chaînes de télévision).

 Peureux lui-même, il sent qu’il ne peut se faire respecter pour son autorité ; alors, au lieu de miser sur une information honnête et intelligente des Français et sur l’autorité dont il devrait faire preuve, il concentre tous ses efforts pour accroître la peur des Français à l’égard de la maladie (« vous n’avez pas peur de moi… alors ayez de plus en plus peur de la maladie – croyez-moi !- tous les jours de plus en plus dangereuse. Ainsi la méchanceté des virus compensera mon absence d’autorité ». Et le tour est joué !

Dans ces circonstances, l’avenir est très inquiétant pour le sort de la santé des Français dans les mois à venir.

Il l’est aussi dans le cas où tout cela s’ajoutant aux conséquences sociales de la crise, le pays, confronté à de grandes manifestations, deviendrait impossible à gérer.

La grande question serait alors : le désordre va-t-il être exploité par des ambitieux à l’affût – de  droite et de gauche – tous dépourvus d’une vraie capacité politique à comprendre et à gérer notre pays ? Ou par un nouveau groupe politique inspiré par une conscience des besoins et des possibilités de la société contemporaine.

 Allons-nous vers une dictature ? Ou vers un possible renouveau ?

 Malheureusement, pour le moment, à un peu plus d’un an de l’élection présidentielle (et peut-être à  un peu moins de quelque grand trouble appelé à apparaître), aucun mouvement doté d’une vraie vue politique profondément réfléchie ne s’est encore manifesté … Aussi, il est grand temps de le créer. Et le plus rapidement possible. Et le plus sérieusement possible, autour d’une pensée politique préalablement bien préparée. (Mais, je vous le demande, où peut-on actuellement  trouver une véritable pensée politique, fondée sur une philosophie de l’homme et de la société, susceptible d’être acceptée par un grand nombre de nos contemporains ?)

Pourtant un livre va bientôt paraître qui en proposera une et préconisera une réforme politique radicale qui devra être préparée par une structure nouvelle – qui ne devra pas être un parti (car qui dit « parti » dit division – division autour des illusions, qui se neutralisent  réciproquement), mais un mouvement (car qui dit « mouvement » dit unité – unité autour d’un intérêt commun, celui de toute la population, celui de la nation).