Critique et proposition

L’histoire de l’humanité

L’histoire de l’humanité est semblable à celle de chaque être humain, avec l’enfance, la pré-adolescence, le début l’adolescence, la fin de l’adolescence, l’âge adulte, et un jour – le plus loin possible – la mort…

On connaît l’influence de la philosophie des lumières sur notre manière actuelle de penser…

Pour la civilisation occidentale et, par ricochet, pour l’ensemble de l’histoire du monde qui tend à prendre maintenant un tour universel, il est facile d’établir une description propre à chacune de ces périodes.

Six phases de l’histoire de l’humanité

L’enfance, c’est la période qui va jusqu’à la fin du Moyen Âge, au cours de laquelle l’immense majorité de la population avait une foi en Dieu, qu’elle était infiniment loin de respecter, mais qu’elle n’avait jamais songé à mettre sérieusement en doute ;

la pré adolescence, qui commence au XVe siècle, est l’époque où les hommes commencent à prendre conscience de la puissance de leur intelligence, mais continuent à croire en l’existence de Dieu ;

le début de l’adolescence, clairement situé au XVIIIe siècle, c’est le moment où, avec les « philosophes », l’élite intellectuelle en vient à nier l’existence de Dieu ;

l’adolescence, c’est les deux derniers siècles très agités, qui ont connu tant de grands succès techniques et d’immenses malheurs collectifs ;

la fin (douloureuse) de l’adolescence, c’est l’époque à laquelle nous vivons en ce début du XXIe siècle ; au cours de laquelle nous avons tout intérêt à réfléchir sur la totalité de notre histoire pour comprendre la période actuelle ;

l’âge adulte, c’est celui dans lequel nous avons à rentrer, en essayant de le préparer à la lumière de notre expérience historique, de notre raison et de nos objectifs collectifs. En commençant par un aperçu sur le tournant le plus décisif, celui du XVIIIe siècle.

Le siècle dit « des lumières »

Pour nous, les hommes du XXIe siècle, la grande charnière de l’histoire – celle qui a le plus d’influence sur nos conceptions et notre vie – est celle du XVIIIe siècle. Elle est à l’origine non pas de tous les malheurs qui ont suivi (car le malheur existe indépendamment des erreurs des hommes), mais d’une très profonde aggravation provoquée par des erreurs monumentales, dont, paradoxalement, deux siècles après, on a malheureusement trop peu pris  conscience . (voir la philosophie des lumières).

La grande erreur ne concerne pas la question de l’existence Dieu

Quelle est cette erreur monumentale ? Certains diront : c’est la négation de Dieu (peut-être ont-ils raison, si Dieu existe – chose que la raison n’empêche pas de croire, mais dont elle est impuissante à démontrer l’exactitude…).

Quoi qu’il en soit, que Dieu existe ou qu’il n’existe pas, nier son existence n’a pas été une faute car, dans une situation où rien n’est évident, l’homme a bien le droit d’exercer sa liberté et d’opter pour la négation de Dieu… (et même, en bonne théologie, c’est le droit de chaque homme voulu par Dieu lui-même !).

Les croyants ont autant de responsabilités que les athées

Conséquence de cette remarque : il est naturel que les croyants regrettent cette négation de Dieu par les philosophes du XVIIIe siècle, mais ils auraient tort de les accuser… car c’était leur droit – et même, selon leur propre doctrine, le droit de leurs adversaires voulu par Dieu ! (Surtout s’ils étaient sincères… encore que la sincérité soit une notion très relative…).

Par contre, si – chose facile et stérile – on devait faire un reproche à un groupe social, ce serait plutôt aux croyants qu’il reviendrait de se l’adresser à eux-mêmes. Car, face à la négation (surtout non fondée sur une démonstration), c’est bien aux tenants de l’affirmation que revient surtout la responsabilité de la conclusion à tirer.  

Cette remarque est d’autant plus vraie, qu’en l’occurrence, la réplique à apporter devrait s’appuyer sur deux arguments complémentaires : celui de la logique et – surtout – celui de l’exemple d’une manière de vivre offert par les tenants de l’affirmation. (Ce, d’autant plus, que le témoignage représente l’une des invitations les plus pressantes inscrites dans l’enseignement du christianisme…)

Appel à la sagesse

Quoiqu’il en soit, que l’on cesse de s’accuser réciproquement comme, depuis déjà si longtemps, on l’a stupidement fait des deux côtés des sensibilités politiques de notre pays. Tout cela en pure perte et avec des effets négatifs sur la bonne entente entre les citoyens. À cette occasion, profitons-en, pour mieux comprendre la vérité : quel que soit le côté auquel on se situe, par notre nature humaine, nous sommes tous sujets à l’erreur.

La grande erreur porte sur la nature de l’homme

Donc la faute commise par le XVIIIe siècle ce n’est pas la négation de Dieu (un être que l’on ne connaît pas et qui peut-être n’existe pas), mais, au contraire, l’affirmation de la foi en la grandeur d’un être qui, lui,  existe bien et que l’on pourrait connaître, à savoir l’homme. Sur ce sujet aucun doute n’est possible : l’observation des individus et toute l’histoire contemporaine démontre avec éclat qu’il est totalement déraisonnable de croire que l’homme, par lui-même, avec ses seules forces naturelles, se trouve capable de construire le monde harmonieux, auquel nos ancêtres du XIXe siècle croyaient fermement !

C’est sur cette erreur, que l’on a construit toute la civilisation moderne et c’est à elle que l’on doit, non pas l’existence du mal, mais la proportion extrême que l’on n’a connue de toutes parts, avec notamment les folies du nazisme, du communisme et du capitalisme financier.

Avec en plus une erreur de comportement

À titre secondaire, mais important, cette erreur s’est trouvée aggravée dans ses conséquences par un sectarisme qui a mené ses protagonistes, d’une part à l’affirmer comme une certitude, d’autre part et surtout, à mépriser ceux qui continuaient à croire en Dieu. Ce qui constituait une erreur à la fois sur le plan du comportement moral et sur celui de la bonne conduite politique… (car, que Dieu existe,ou n’existe pas – là n’est pas la question – par sa doctrine, le christianisme est par excellence source d’une morale du service des autres, donc d’une harmonie de la société qui ne pouvait en tirer que du bénéfice…

La nature de l’homme

Une autre critique des philosophes du XVIIIe siècle

Les philosophes du XVIIIe siècle ont donc centré toute leur attention sur l’homme,  et plus particulièrement sur sa partie supérieure, celle de son intelligence, de son souffle et de son cœur en tant que centre de son énergie. Dans le même mouvement, d’un côté, ils ont nié ce qui était peut-être au-dessus d’eux, Dieu, et, de l’autre ils ont totalement ignoré ce qui était au-dessous d’eux, à savoir ce qui fait notre animalité. Conscient que nous sommes des hommes, ils ont ignoré que nous sommes aussi des animaux – des animaux particuliers mais des animaux quand même…

Un tel oubli a eu des conséquences importantes. D’abord ils auraient dû étudier de très près le comportement de l’homme au titre de son animalité, et, dans son animalité particulière, les spécificités qui le caractérisent. Comme première conséquence, ils auraient d’ailleurs été amenés à corriger l’idée de l’homme capable de construire une humanité équilibrée et heureuse… Ensuite, sur la base d’une connaissance réaliste de l’homme, ils auraient dû être amenés à concevoir des institutions adaptées à ces réalités. Ce qu’ils n’ont pas fait puisqu’ils les ignoraient.

L’homme – un animal intelligent – et libre

En réalité, l’homme est un animal particulier. On ne peut le définir comme un « animal intelligent », ce qui reviendrait à tomber dans l’erreur des hommes du XVIIIe siècle. Il est autre chose : c’est un animal intelligent et libre. Mais libre de quoi ? Bien sûr de faire ce qu’il veut, mais comment ? En ne se référant qu’à lui-même ? En ne prêtant attention qu’à des influences provenant de sa psychologie ? Ou bien, se détournant un moment hors de lui-même, en prenant en considération un critère présenté par certains,  comme donnant un sens à l’existence humaine… (qui pourrait être, soit, pour les croyants, la volonté de Dieu, soit, pour les incroyants, une valeur sacrée perçue comme devant s’imposer à tous les hommes de bonne volonté).

En présence de ce dilemme [« ne vais-je tenir compte que de mes intuitions individuelles ? Ou vais-je accepter de prendre en considération une valeur sacrée extérieure à moi-même ? »], chacun va choisir. Mais ce choix peut se présenter de deux manières très différentes : il peut être considéré comme irrévocable, et, en plus, s’accompagner de la négation de la liberté pour les autres de voir les choses autrement ; ou bien, au contraire, admettre pour tous la possibilité de faire d’autres choix…

La position des hommes sectaires

Dans le premier cas, si le décideur a vraiment réfléchi à son choix, il a exercé sa liberté d’homme une seule fois, mais en y renonçant par la suite, il l’a perdue. Dès lors, il n’est plus un homme, il est retourné à son état d’animalité brute. Il est devenu un être particulier, à la fois supérieur et inférieur aux autres animaux : supérieur parce qu’il est capable de réfléchir, mais inférieur parce qu’il a commis la faute de refuser la liberté (chose que l’on ne peut reprocher aux animaux…).

Concrètement, cette situation correspond au cas de tous les sectaires, de tous ceux qui veulent imposer leurs vues aux autres : ce peut être le cas d’un dictateur qui impose à tous ses citoyens d’adhérer à son objectif de développement de l’influence régionale de son pays (et qui, au nom de cet idéal, se permet d’envoyer les opposants en prison – ou de les assassiner) ; c’est le cas des islamistes, qui veulent que toutes les populations de la terre adhèrent à l’islam (tel qu’ils le conçoivent et qui, eux aussi, au nom de cette conviction, se croient autorisés, à assassiner, au hasard, hommes, femmes et enfants) ; d’une manière moins dramatique, mais infiniment regrettable, c’est aussi le cas des chrétiens intégristes les plus radicaux, qui, sans autre preuve que celle de leur évaluation psychologique personnelle (!), s’estiment possesseurs de la vérité suprême que tous les autres ignorent ; c’est aussi le cas d’une certaine proportion des partisans des nouvelles lois sociétales, qui voudraient les imposer à tout le monde.

Ceux qui se comportent de cette manière se ressemblent tous entre eux. Ce ne sont vraiment ni des hommes, ni des animaux ; ce sont des fous. Ils font du mal aux autres et ils s’en font à eux-mêmes ; ce sont donc des gens que l’on ne doit pas haïr, mais plaindre (et, si on  en était capable, que l’on devrait plaindre avec une vraie douleur, car ce sont des êtres qui ont raté l’immense chance de pouvoir accéder à la condition de beauté à laquelle, sans mérite de notre part, la nature (ou Dieu) semblait nous destiner…).

Cependant, le jugement qui vient d’être exposé ici doit être bien compris : il ne doit pas être considéré comme une condamnation définitive de certains hommes, mais seulement comme un jugement porté sur eux à un moment de leur existence (un « moment » qui malheureusement dure en général des années, voire des dizaines d’années). Quels qu’ils soient, tous les hommes conservent la possibilité de revenir à l’exercice de leur liberté ; aussi, à tous les moments de leur vie, ils conservent quand même au fond d’eux-mêmes leur dignité d’homme.

Les hommes qui ne font pas de choix conscient

Les hommes qui ne font pas de choix conscient (ou qui en font, mais sans grande fermeté…) ne refusent pas leur liberté, ils ne la rejettent pas (simplement ils n’en profitent pas)… Ils conservent donc leur qualité propre d’homme. C’est d’ailleurs d’autant plus vrai qu’en fait, dans la pratique de leur vie, ils font quand même des choix (en général pour essayer d’agir dans le sens qu’ils estiment correspondre au bien…)  et ils  n’imposent pas les leurs aux autres. On a donc toutes les raisons de les considérer comme un cas particulier (atténué) de celui des hommes qui choisissent consciemment leur voie.

Les hommes libres

Les hommes libres sont ceux qui font un choix conscient du sens à donner à leur vie, qui savent qu’ils le font librement,  par un acte purement personnel (sans devoir se conformer à une nécessité extérieure de nature rationnelle), et qui, de plus, respectent ceux qui, dans le même esprit qu’eux, prennent des options opposées aux leurs.

Les hommes libres sont amenés à faire une multitude de choix d’importance très variable, les uns d’une portée considérable, les autres de nature plus ou moins anodine…

Le choix le plus important consiste à se prononcer sur le sens de la nature et de l’existence humaine. Notamment à prendre position sur la question de savoir si l’univers, la nature et l’humanité ont été voulus et créés par un Dieu, et, plus que cela, par un Dieu qui aimerait sa création et prêterait attention à chacun de ses éléments, c’est-à-dire, de notre point de vue, à chacun de nous…

Une autre question très importante consiste à décider ce que l’on va faire de sa propre vie. « Soumis comme je le suis, à un monde intérieur formé d’impulsions contradictoires (dont les unes me poussent à l’effort, et les autres, au contraire, à la facilité et au laisser-aller), en l’absence de toute évidence d’ordre rationnel, quel parti vais-je décider de prendre ? Vais-je préférer me conformer à l’exigence ? Ou à la facilité ? A la beauté ? Ou au renoncement ? »

Face à ces questions, les hommes libres prennent des options différentes. Il en résulte une grande variété de positions.

Certains croient en l’existence d’un Dieu (qu’ils présentent de manières très différentes, soit comme un être exigeant, dur, voire intraitable [tendance islamique et chrétienne intégriste] ; soit, au contraire – interprétation incontestablement conforme à l’Évangile –  comme un être plein de tendresse, toujours prêt à pardonner à l’homme qui l’a offensé …]) ;

D’autres refusent de croire en l’existence d’un Dieu qui s’intéresserait aux hommes ; mais, attirés par l’image d’une beauté que les hommes seraient capables de créer par un comportement approprié, ils optent pour l’application d’une morale qu’à leur avis tous les hommes éclairés auraient intérêt à pratiquer… (Ceux-là refusent Dieu, mais le remplacent  par un modèle qui, sauf que l’existence effective, lui ressemble beaucoup). Ce choix, conséquence de l’application concrète de la liberté humaine, est légitime et doit être respecté.

D’autres enfin ne se soucient pas de la question de l’existence ou de l’inexistence de Dieu, et, dans cette ignorance, décident d’opter en faveur de la facilité de leur vie individuelle. Ils peuvent faire ce choix de deux façons différentes : soit en se désintéressant des conséquences de leur choix sur le bien-être de leurs semblables, soit en en tenant compte… (mais alors ils rejoignent l’un des groupes précédents… pour constituer un groupe mixte).

Pour la société, le résultat de la diversité des choix des hommes.

La grande diversité des positions des hommes face aux problèmes de l’existence humaine aboutit à une société très hétérogène. (Qui, selon les lieux et les périodes de l’histoire, se rapproche davantage de l’un ou l’autre de ces types…). À condition qu’on s’écarte du sectarisme sous ses diverses formes, cette diversité est une bonne chose, car elle témoigne de la liberté – et par là de la dignité – des hommes.

L’utilité du dialogue 

Jusqu’ici, on vient de considérer l’homme en tant qu’individu face à ses choix, mais l’homme est aussi un être social, qui a d’ailleurs le plus grand intérêt à en tenir compte, d’une part pour profiter de l’intelligence des autres, d’autre part, pour s’acheminer, avec eux, vers l’établissement d’une société la plus compatible possible avec les diverses options en présence.

Pour favoriser l’établissement d’un dialogue fructueux, chaque participant doit écouter le point de vue des autres, et, en retour, faire connaître le sien de la manière la plus claire et la plus franche possible.  C’est d’ailleurs exactement ce que je vais faire maintenant.

Outre le bénéfice à attendre pour chacune des parties en présence, le dialogue permet de travailler à l’élaboration d’une organisation politique destinée à répondre le mieux possible aux diverses positions prises dans la population.

La nature de l’homme selon moi

Chaque homme est un animal intelligent et libre, mystérieusement appelé (soit par sa cohérence avec la nature qui l’entoure, soit par la volonté d’un Dieu créateur, soit même pour la meilleure réalisation de son propre intérêt), à utiliser et à transformer son animalité brute, pour en faire une œuvre plus belle, qui donnera sens et charme à sa propre vie. Et, en même temps, facilitera la cohésion de l’ensemble de la société. (En œuvrant pour lui-même, il œuvrera pour la totalité de la société. Et même, inversement, en œuvrant pour la société, il en retirera lui-même un bénéfice pour son compte personnel).

Mon choix est donc celui de la beauté, de la solidarité et de l’effort personnel. (« De l’effort personnel », car sans effort il est impossible d’atteindre un but élevé. Ce, en l’occurrence, d’autant plus que le choix de servir la beauté implique le renoncement aux très fortes tentations d’individualisme toujours présentes en nous).

Je crois donc en la beauté… Est-ce que je crois en sa forme particulière possible qu’est – ou serait l’existence de Dieu ? J’ai une position très claire là-dessus, mais dans le cadre d’une discussion centrée sur la question politique, je n’ai pas à la dire ici… (Ce qui ne m’empêchera pas, le cas échéant, de l’exposer dans un cadre complètement différent…).

L’homme… et les hommes

Jusqu’ici on a parlé de « l’homme », mais ce que l’on désigne sous ce nom, est en réalité constitué par une multitude d’individus tous différents. Alors comment les considérer ? Eh bien, comme chacun en à la libre intuition ; mais, quant à moi, je dois dire comment je les regarde.

Chaque homme est un exemplaire soumis à la condition commune de son espèce, mais il l’assume, chaque fois, d’une manière qui lui est particulière, qui contribue à son originalité, au charme de sa vie et, en même temps, à la richesse de la société. Celle-ci doit le respecter et le servir, et, dans le même temps, profiter en faveur de tous de sa richesse originale. (Pour la politique, le service de chaque citoyen est à la fois un but et pour elle un moyen.)

Le but de la politique

En présence de cette situation, que doit faire le pouvoir politique ? C’est à chaque citoyen qu’il revient de répondre librement à cette question.

Selon moi (et, sans doute, selon un grand nombre de personnes porteurs des mêmes convictions…), le but suprême de la politique consiste à servir la liberté, la créativité et la dignité de chaque membre de la société. Pour bien le faire, le pouvoir doit assurer le pain et le confort des citoyens, mais, ce but élémentaire étant atteint, son objectif prioritaire doit consister à favoriser le développement de la réflexion et de la culture de toute la population en vue de permettre à chacun d’exercer le mieux possible sa liberté, et à partir de là, lui permettre de réussir sa vie.  

Remarque

ce texte n’explique pas les conséquences pratiques de l’erreur liée à la méconnaissance de la partie animale de la nature humaine. Mais cette question sera traitée au cours d’un autre chapitre de ce site. (voir : le but de la politique )