Notre conception de l’Homme

Que signifie ici l’expression l’Homme ? Il désigne deux réalités très différentes :

1 – le groupe des êtres humains qui, tout au long de l’histoire, se succèdent dans la nature offerte par ce globe terrestre que nous aimons mais qui ne représente qu’un point infiniment petit de l’univers sans limite, qui nous enveloppe mystérieusement ;

2 – chacun des individus, qui, à toutes les époques de l’histoire, vivent une aventure à la fois personnelle et liée au groupe de ses contemporains.

Terminologie

(Pour la commodité du langage, on emploiera le terme « l’espèce humaine » pour désigner l’homme considéré en tant que groupe appartenant à la nature et vivant à travers l’histoire, et « les hommes » (ou « l’homme ») pour parler des individus…)

(Voir l’Homme)

Nul ne peut prétendre connaître le sens de l’Homme

Que l’on considère l’Homme dans l’une ou l’autre de ces deux significations, nul ne peut prétendre pouvoir dire avec une totale sûreté le sens de l’existence humaine.

Par contre chacun peut choisir le sens qu’il veut lui donner

Par contre, chacun peut librement en choisir un en faisant appel, non pas à sa raison (puisque dans ce domaine elle est impuissante…), mais à l’ensemble de ses qualités propres:

  • imagination,
  • intelligence,
  • intuition personnelle,
  • générosité (ou mesquinerie,)
  • disposition (ou réticence) à s’engager dans un genre de vie qui pourrait risquer de s’avérer exigeant en fonction du sens à accorder à la vie humaine.

Puisque telle est la condition du choix à faire pour se prononcer sur le sens à donner à l’existence de l’homme, je ne donnerai aucune justification au choix que je propose. Cependant, du point de vue qui est le nôtre, celui de la politique,  mon option n’a d’intérêt que dans la mesure où elle peut être partagée par un grand nombre de personnes. Ce qui, je crois, est le cas.

Le sens de l’Homme dans la nature

L'Homme
L’homme serviteur de la nature

L’espèce humaine fait partie de la nature. A ce titre, elle a un sens par rapport à elle ; elle est l’un des éléments qui la complètent et lui donnent une importance et une mission.

Spontanément, chacun se perçoit comme un corps limité (d’un certain poids…). mais il s’agit là d’une perception très incomplète, car notre corps ne se conçoit pas sans la nature qui l’entoure, lui donne sa nourriture, le fait vibrer de plaisir et de joie.

Aussi, les financiers qui détruisent les forêts de l’Amazonie (et tant d’autres ! y compris les grands politiciens de camelote qui laissent faire) ne sont que d’affreux barbares (que l’on devrait condamner à se goinfrer de leurs billets de banque).

Un choix subjectif : le sens de la nature

Cela amène à se demander quel est le sens de la nature. À l’exception des révélations de nature religieuse  (qui placent la nature à un très haut niveau de dignité (mais indémontrable) , nul ne peut répondre par la seule raison à cette question .

On est donc réduit à faire un choix subjectif qui , là encore, reflète la personnalité de chacun.

À mes yeux , comme à ceux des écologistes ( et, je crois, à ceux de tous les hommes éclairés,) la nature est la merveille offerte aux hommes, qu’ils ont tout intérêt à préserver,  à servir pour la rendre encore plus belle, et, en la respectant, plus utile aux hommes.

Il s’agit en somme d’établir une symbiose entre les deux partenaires merveilleux que sont l’homme et la nature.

(Il est d’ailleurs possible d’exprimer la même idée dans le langage religieux, en disant que l’homme a pour mission de terminer la création pas totalement achevée, donnée par Dieu… )

Accusation des grandes sociétés capitalistes et des gouvernements

Une telle conception a évidemment des conséquences politiques majeures. Elle conduit à condamner avec vigueur l’inconscience criminelle des grandes sociétés capitalistes qui défigurent les forêts et, avec elles, les gouvernements qui permettent ce crime. Plus que cela, elle conduit à condamner tous les citoyens que nous sommes et qui ne font rien pour faire cesser le viol de la nature.

Le sens de l’Homme en tant qu’être considéré dans son individualité.

Tout homme est un être merveilleux, sacré

Chaque homme est un être unique, par sa nature semblable à tous les autres, mais par sa personnalité propre, un être original toujours porteur d’une richesse à nulle autre pareille.

Par le caractère prodigieux de ses talents chaque homme représente une merveille extraordinaire (que malheureusement, on ne sait pas voir.) Qu’il soit créé par un Dieu, ou qu’il ne le soit pas, l’homme est un être sacré, d’une beauté et d’une valeur qui interdit d’attenter à sa liberté.

L’Homme sait aussi se comporter comme un monstre

Merveilleux, incontestablement, l’homme mérite ce qualificatif. Mais à condition de le rapporter à sa nature, et non pas toujours – infiniment loin de là! – à tous les comportements effectifs de la totalité des individus ! Tout le monde connaît bien les horreurs dont beaucoup sont capables de commettre !

Cependant, quand il commet l’horreur pendant un moment où de très longues durées, quel est son statut ? Il est à la fois merveilleux et horrible: merveilleux dans sa capacité de changer (et donc dans sa nature) et monstrueux dans son comportement.

Les visiteurs de prison connaissent bien cette ambiguïté des plus grands criminels et d’ailleurs le public aussi.

Alors, comment juger l’homme ?

Alors, comment juger l’homme ? Simplement, comme le détenteur d’une liberté qui crée sa condition tragique. Mais c’est là ce qui fait sa dignité !

D’ailleurs que faudrait-il préférer ? un monde sans liberté, dans lequel personne ne ferait mal ? C’est d’ailleurs ce que recherchent les dictatures (comme celle de la Chine contemporaine… ).

(Paradoxalement, en faisant le mal (les abominables camps de redressement !) pour assurer le règne du prétendu bien. Quelle folie de certains grands chefs d’état et de leurs complices !

Quelques-uns vont répliquer qu’ils préféreraient bénéficier à la fois de la liberté et de l’universalité du bien ! Mais c’est impensable . Et Dieu lui-même qu’on dit pourtant tout-puissant n’a pas été capable de réaliser cet exploit !

Est-il préférable que l’Homme existe ? Ou qu’il n’existe pas ?

Alors, une autre solution est-elle possible ? Oui : l’inexistence de l’homme… ou sa destruction ! « To be, or not to be, that is the question »… A laquelle les faibles répondent par le refus de l’existence ; tandis que les forts, préfèrent leur présence sur terre, au milieu d’une infinité de biens et d’avantages dont ils sont conscients.

Sachons regarder tous les biens d’origines très variées dont nous sommes comblés : ceux de la nature, ceux offerts par le travail des hommes (tous les biens matériels, l’informatique Internet etc. ). Et ceux (il est vrai un peu moins agréables…) des obstacles eux-mêmes qui nous font souffrir, mais nous permettent de les surmonter, donc de nous créer une valeur personnelle (rendue possible par Dieu, mais qu’il ne nous a pas donnée).

La double mission de chaque homme

Mais, quelle est sa mission sur terre ? Dans un même mouvement, la mission de chacun consiste à construire et à embellir les deux grandes réalités inachevées que sont sa propre  personnalité et l’organisation de la société.

(En travaillant à améliorer la nature, l’homme s’améliore lui-même ; et, inversement, en s’améliorant lui-même il est naturellement porté à améliorer la nature…)

La mission de la politique

La mission de la politique consiste à servir tous les hommes et chacun d’eux. C’est dire qu’en cette époque de prodigieux progrès techniques, l’orgueilleuse et inconsciente humanité est très loin d’avoir atteint le degré de perfectionnement souhaité de son organisation sociale.

Et qu’un énorme travail reste à accomplir pour les jeunes générations à venir. Qu’il faut commencer dès maintenant.

la sortie d’une adolescence douloureuse de l’humanité

Nous ne sommes pas à la fin de l’histoire, nous sommes seulement au niveau de la sortie d’une adolescence douloureuse de l’humanité qui se cherche…

(voir Les hommes)