Les gilets jaunes

En général, les gens raisonnables (ou du moins supposés tels)… regardent les manifestants avec une certaine condescendance…

Ils ont bien tort, car, aveuglés par les faiblesses évidentes de leur organisation (manque total d’une doctrine, réclamations qui ne correspondent ni à leurs vrais besoins, ni aux possibilités de satisfaire leurs revendications avec des effets durables, manque d’une vraie appréciation de la technique de résistance du gouvernement, divisions etc.), ils ne sont pas capables de les comprendre, et surtout d’admirer la persévérance et le courage dont ils font preuve.

En réalité, l’enseignement le plus significatif donné par le mouvement des gilets jaunes, c’est que, dans un contexte de calme apparent, le peuple est capable de se révolter de manière imprévue.

Certes, ils ont échoué dans leurs revendications, mais d’une part, il n’est pas dit que sous une forme ou une autre, on ne puisse assister bientôt à de grands mouvements sociaux que le pouvoir en place se montrera incapable de contrôler ; d’autre part, ils ont montré de manière éclatante la profondeur du mécontentement populaire . Et fait réfléchir certains à la dangereuse gravité de l’incroyable injustice sociale du monde contemporain.

En ce sens , le peuple a joué son rôle. Il l’a mal fait, mais il l’a fait ! Alors que les intellectuels, quant à eux, n’ont rien fait, et, évidemment n’ont rien obtenu.Ils ne font rien parce que, contrairement au gens du peuple, ils manquent d’imagination, de motivation et de courage.

La perfection ne se trouve ni d’un côté, ni de l’autre, mais du point de vue de la valeur morale, L’avantage est incontestablement du côté du peuple.

Plus profondément, ce qu’en plus de leurs mollesse, on peut surtout reprocher aux intellectuels c’est leur incapacité à réaliser une alliance intelligente avec le peuple pour changer ce qui doit l’être dans notre société.

Notre mouvement, respectueux du Peuple (dont lui-même fait d’ailleurs partie…) s’attachera à réaliser cette alliance.

Gardons-nous de mépriser le peuple. L’utilisation intelligente de sa force sera probablement nécessaire à la réussite du grand mouvement de réforme indispensable, que la société endormie attend sans s’en rendre compte.