Le libéralisme économique

La sévère critique du capitalisme financier, faite dans une autre partie ne met pas formellement en cause le libéralisme économique qui lui sert de cadre (mais qui, quand même, lui permet d’exister…). Le libéralisme doit donc faire l’objet d’une réflexion particulière… (voir le libéralisme)

La vie économique d’un pays peut en principe être dirigée par le pouvoir politique (comme ce fut le cas du temps de feu l’URSS) ou, au contraire, résulter, de manière aveugle, des décisions de tailles très inégales prises par une multitude d’agents économiques. Les deux solutions ont leurs avantages et leurs inconvénients.

L’option contraire : le dirigisme

Une direction centralisée présente l’avantage de correspondre à un objectif intellectuellement bien défini, donc celui de faire honneur à l’intelligence humaine… A partir de l’objectif fixé, pour leurs décisions individuelles, les agents économiques s’adaptent ensuite pour lui donner une application concrète.

L’idéal libéral correspond au système exactement inverse : on laisse les agents économiques prendre librement leurs décisions comme ils l’entendent…  A partir de là, on aboutit à une situation globale qui, au lieu de se présenter comme un objectif pensé d’avance, est le résultat d’une multitude de décisions individuelles.

Comparaison du dirigisme et du libéralisme économique

le libéralisme

Quel est le meilleur (ou le plus mauvais…) des deux systèmes en compétition ? Chacun a ses avantages et ses inconvénients. Le système libéral permet de saisir la quasi infinité des réalités économiques et sociales et de s’y adapter (Chose évidemment impossible dans le cas d’un système centralisé). . Par là, il est « efficace ».  Par contre, contrairement au cas de la centralisation, il aboutit à une situation ne correspondant à aucun objectif réellement pensé et choisi.

Les deux systèmes sont donc tous deux imparfaits. Reste à savoir quel est le plus porteur de dangers potentiels…

Comparaison des dangers respectifs du dirigisme et du libéralisme économique

Le système autoritaire risque de proposer des objectifs contraires à l’intérêt de la société. Et c’est même une certitude, car le pouvoir politique rend les hommes fous et inhumains. C’est d’ailleurs exactement ce qui s’est passé en URSS (et ce qui se passe aujourd’hui en Corée du Nord, en Chine, ainsi que dans quelques autres pays… Incontestablement ce système doit être rejeté.

Puisqu’il ne définit pas d’objectif, le système libéral ne présente évidemment pas ce risque d’erreur.

Par contre, on peut considérer qu’il commet peut-être une autre erreur, celle qui revient à considérer que la somme des décisions individuelles conduit à une solution favorable à l’ensemble de la société… 

Or, comment pourrait-on croire qu’une somme de décisions prises par une multitude de personnes, dont l’immense majorité d’entre elles ne songent qu’à leur avantage personnel pourrait aboutir automatiquement à un résultat favorable à l’ensemble de la société ? C’est absurde !

D’ailleurs, comme pour l’ancienne URSS, avec un décalage de quelques dizaines d’années, on en voit les résultats merveilleux dans tous les domaines de l’activité humaine.

(particulièrement dans celui  de la nécessaire prise en charge des populations défavorisées de la terre, dans celui de l’écologie, dans celui du développement de la culture etc.). Les deux systèmes, centralisé et libéral, sont également à rejeter.

L’explication historique du libéralisme économique

Contrairement à ce que beaucoup pensent, l’un n’est pas meilleur que l’autre. Le système libéral, chez nous considéré comme le meilleur n’existe que parce que, historiquement, les responsables de la politique de l’économie, au moment de la naissance et de la croissance du capitalisme, n’ayant pas en mains les moyens de production, ont choisi la solution simple consistant à laisser faire ceux qui les possédaient.

 Leur choix était d’ailleurs d’autant plus compréhensible que leur seule préoccupation n’était pas alors celle du bonheur de leur peuple, mais l’enrichissement,  d’abord de l’État, puis, de la nation considérée comme un tout (comme s’il s’agissait d’une personne !)

Le libéralisme économique : un système pervers

Nous vivons aujourd’hui sur l’héritage de ce système libéral. Pourtant, il entraîne des effets opposés mais aussi mauvais d’un côté que l’autre :

  • Dans les classes moyennes, il crée des centaines de millions de chômeurs,
  • il transforme la population mondiale, en un peuple d’esclaves toujours prêts à consommer des produits inutiles pour enrichir une minorité de personnes follement riches.

Un tel système ne peut être que qualifié d’absurde et de pervers.

L’effort infructueux des pouvoirs publics pour concilier l’inconciliable

Certes, les pouvoirs publics des différents pays s’efforcent de le corriger en réalisant un mélange de libéralisme et de centralisme. Mais, ce faisant, ils ne font qu’additionner deux systèmes imparfaits qui cumulent leurs inconvénients respectifs…

Alors que faire ? lutter contre la tentation de folie des hommes

Alors que faire ? Il n’y a qu’une seule solution possible, celle qui consiste à  combiner intelligemment les avantages du système centralisé et ceux du système libéral en supprimant dans le système centralisé la cause de son erreur profonde : la tentation de la folie contraire à l’intérêt des hommes.

La solution : une réforme constitutionnelle

Pour cela il n’y a qu’un moyen, celui qui consiste à transformer totalement la démocratie telle qu’on la pratique aujourd’hui. Comment ? En retirant l’orientation économique du pays des mains du pouvoir politique tel qu’il se présente actuellement, pour le transmettre à une instance véritablement démocratique.

Le nouveau pouvoir aura pour but de définir les objectifs de la nation et de contrôler sa réalisation. Cela suppose la division du pouvoir politique en deux entités séparées, dont l’une s’occupe de l’action économique et dont l’autre définit les orientations de l’activité économique et la contrôle.

(Voir le libéralisme, le programme de la révolution)