Le féminisme mal compris

On le sait, dans la plupart des sociétés, la femme est très loin d’avoir la place d’égalité à laquelle elle a droit. C’est vrai en France et en Europe aussi bien qu’ailleurs. Aussi le féminisme, ou mouvement d’émancipation féminin est parfaitement légitime et souhaitable…

Mais à condition que l’idéologie n’ait pas pour effet – comme c’est maintenant le cas… – de faire passer la femme d’une forme d’esclavage à une autre… mais au contraire de la faire accéder au statut auquel elle a droit, destiné à lui assurer sa liberté de choix et son plein épanouissement…

Dans la société actuelle, le féminisme et la prétendue libération de la femme lui permettent de connaître certaines satisfactions nouvelles (qui, comme par hasard, présentent la particularité de faire marcher la machine capitaliste – parfois pour des artisans ou patrons de PME, mais aussi, le plus souvent, au profit d’une minorité de grands financiers…).

Il ne s’agit pas d’empêcher les femmes de travailler

Il ne s’agit pas d’empêcher les femmes de travailler (de se conformer à un schéma idéologique contestable ! Dont beaucoup sont esclaves…), mais de leur permettre de choisir leurs conditions de vie.

Ce, grâce à un système de rémunération qui leur assurerait au foyer un avantage égal à celles qui choisissent de travailler à l’extérieur de la maison…).

Injuste cela ? Non ! car une femme qui élève ses enfants – ou exerce un bénévolat destiné à créer du lien social – remplit une mission infiniment plus utile que celle qui consiste à fabriquer des crèmes de beauté ! (destinées, non pas à embellir les femmes, mais à assurer toujours plus de bénéfices aux actionnaires des sociétés concernées…)

Utopique cela ? Non parce que dans une situation regorgeant de richesses comme la nôtre, la société est bien capable d’assumer une charge financière imposée par des impératifs d’ordre moral.

Le féminisme

Le féminisme ne consiste pas à répéter les slogans intéressés de certains idéologues: les femmes feraient mieux de s’interroger sur les motifs sordides des puissants qui ne cherchent qu’une chose : à les exploiter !

La réussite de l’ensemble de la société

Ce serait commettre une profonde erreur de croire que la place des femmes dans la société est une simple affaire de justice entre les sexes.

Le féminisme est évidemment cela… mais c’est bien plus que cela ! Car il s’agit surtout de l’équilibre et de la réussite de l’ensemble de la société.

Ceux qui critiquent – sans doute à juste titre – l’église catholique pour la place – pour le moins excessive – accordée aux hommes, feraient bien de comprendre qu’ils seraient bien mieux inspirés de comprendre que cette critique devrait porter sur l’ensemble de la société civile !

Si l’église catholique dans les pays développés va si mal, c’est en grande partie en raison du déséquilibre entre la place des hommes et des femmes. et il en va de même pour l’ensemble de la société civile. Mêmes causes, mêmes effets.

Mais, bien sûr, ni les exploiteurs du travail des femmes, ni les idéologues ne le disent !

Une politique conduite presque exclusivement par des hommes

Mais, de même, si le monde actuel, lui aussi, fonctionne si mal, c’est surtout dû à ce que les affaires politiques et économiques ont jusqu’ici été conduites à peu près exclusivement par les hommes…

(De quels sexes sont les Trump, les Poutine, les Xi Jinping, les Erdogan, les Bachar al-Assad, les Nétanyahou, les Maduro et Cie, et, chez nous, les Chirac, les Sarkozy, les Hollande, les Macron et consorts.

(Il n’y a à peu près que cette pauvre Teresa May et Madame Merkel qui soient là pour relever – un peu – l’honneur des femmes… )

D’aucuns vont répondre que nos géniaux et généreux politiciens français (dont on voit chaque jour la haute compétence pour conduire les affaires de l’État…) ont bien compris le problème : ils ont installé la règle de la parité !

Mais l’équilibre historique d’une société ne se bouleverse pas par l’établissement d’une règle simpliste et octroyée !

vu du point de vue de l’intérêt public, l’un des objectifs d’une bonne réforme de la place de la femme dans la société est de leur permettre de découvrir, d’affirmer et de réaliser pleinement leur génie propre et d’en faire profiter l’ensemble de la société…

Le vrai niveau qui est le leur

Les féministes croient que le féminisme tel qu’elles le conçoivent est à la pointe du progrès social, mais il n’en est rien, car il faut aller encore bien plus loin dans la critique de la condition actuelle faite aux femmes :

Au lieu de vouloir hisser les femmes au niveau de dignité (supposé plus élevé !) accordé aux hommes, il serait plus judicieux de leur conseiller de se situer elles-mêmes au vrai niveau qui est le leur…

(Sur une échelle où la plupart des hommes feraient souvent piètre figure…)

Du point de vue du critère suprême du bonheur des êtres humains, le domaine où les femmes excellent présente un intérêt manifestement plus élevé que celui des hommes…

Ne sont-elles pas en effet celles qui donnent la vie et, à ce titre, remplissent la mission la plus utile qui soit pour le véritable bien des personnes et de la société tout entière ?

Ce sont bien elles qui prennent soin des bébés – et souvent des enfants déjà grands – pour assurer leur bonheur, et leur permettre de devenir plus tard des êtres équilibrés, heureux de vivre – et efficaces dans leurs activités professionnelles.

Elles participent plus que les hommes à l’efficacité du monde

Par leur action en tant qu’éducatrices (dans l’ensemble plus poussée que celle des hommes), elles participent, elles aussi, à l’efficacité du monde économique . Et même plus que les chefs d’entreprise, qui n’ont plus qu’à recruter des salariés affectivement bien formés dans leur petite enfance et, par là, plus efficaces…)

Pour assurer le bonheur des êtres humains, leur activité n’est-elle pas plus favorable que de seconder les hommes qui pensent surtout à fabriquer des produits (souvent inutiles), à préparer la guerre et à la faire ? Tout cela, en général, avec des hommes qui prennent de grands airs, pour se donner l’impression (ainsi qu’aux naïfs) de dominer les problèmes de l’humanité (avec les résultats que l’on sait !).

Un féminisme inspiré

Le féminisme inspiré devrait être celui qui viserait à donner à la femme son véritable rang de dignité. (A donner ? Non ! À redonner celui qu’elle avait au Moyen Âge…)

Certains vont s’écrier « voilà quelqu’un qui veut nous ramener au Moyen Âge ! ».

Mais il ne s’agit pas de revenir en arrière  (d’abandonner les progrès scientifiques, techniques et économiques de notre époque), mais simplement – peut-être pour s’en inspirer… – de réfléchir – avec ouverture d’esprit… – à l’idéal d’une époque où la société n’était pas, comme aujourd’hui, gouvernée par des matérialistes vulgaires, mais par une élite à la recherche d’une humanité raffinée et heureuse ?

Dans cette affaire, quelle serait la place des hommes?

D’autres vont objecter : « mais alors, dans cette affaire, que deviendraient les hommes ? ».

Eh bien ils seront les grands constructeurs des mondes techniques et économiques !

Étant cependant entendu que le principe de liberté de choix, les autoriserait à rester chez eux pour s’occuper de la maison…). Et, pour ceux qui en sont capables, ils auraient l’honneur (et le plaisir) de se faire les serviteurs de leurs compagnes, de leurs enfants et de la société tout entière.

Les hommes ne seraient pas rabaissés, mais mis à leur juste place, qui est différente, mais d’égale dignité avec celle des femmes.

La théorie du genre

Donc, par leurs qualités différentes (qui peut nier une telle vérité, sauf les idéologues sectaires qui ont imaginé « la théorie du genre » !), il est naturel de voir affectés les uns et les autres, hommes et femmes, à des types d’activité différents.

(Pourtant, ce serait une erreur de les enfermer – de part et d’autre – dans quelque activité spécifique réservée ! Et de limiter la liberté des personnes qui, par nature, sont toutes égales et surtout totalement libres…)

La règle de la parité (inspirée, on le sait, par la théorie du genre) est non seulement à rejeter pour la raison de stupidité et d’arbitraire, mais, encore pire que cela ! – parce qu’elle va à l’encontre du souhaitable…

Pourquoi ? Parce que, dans un monde de la dureté et du matérialisme – dont nous souffrons tous – il serait souhaitable que, dans les instances politiques, les femmes n’aient pas une influence égale à celle des hommes, mais une influence supérieure.

Cela ne peut se réaliser par l’application de la règle simpliste et stupide de la parité numérique.

Dans cet esprit, en France, nous aurions à priori beaucoup à gagner à avoir non pas un président de la république, mais une présidente…

(A condition bien sûr, que son rôle soit défini de manière différente de celui conçu par et pour les hommes ( soucieux qu’ils sont de dégager une impression de force – surtout quand ils sont faibles…).

Le néo-féminisme

On peut souhaiter que désormais les femmes abandonnent leur complexe d’infériorité, qu’elles cessent d’ambitionner d’être comme les hommes – et à leur niveau ! –

Qu’elles cessent de se laisser tromper par les hommes de pouvoir qui prétendent les soutenir alors qu’en réalité, avec leur ridicule parité ils ne font que leur donner des os à ronger…

Il est bien préférable que – individuellement et collectivement – les femmes prennent une conscience aiguë de leurs qualités spécifiques et du rôle éminent qu’elles devraient avoir à jouer dans la société. Elles doivent mener un combat en ce sens.

Un combat qui n’est pas seulement pour elles, mais dans l’intérêt de la société tout entière, hommes, femmes et enfants confondus.

En un mot, il s’agit pour elles de jeter aux oubliettes le féminisme traditionnel – l’archéo-féminisme – et de lutter pour un féminisme nouveau – enfin éclairé – le néo-féminisme.

A condition qu’elles respectent leurs qualités propres, il n’est pas exagéré de dire que l’état de réussite ou d’échec de la société humaine dans les prochaines années (et décennies), dépend de la place que les femmes auront su prendre – ou ne pas prendre… dans la société.

Nous vivons sous le régime de la phallocratie

Si, à peu près partout sur terre, le monde va aussi mal, c’est en grande partie parce que la plupart des pays sont dirigés par des hommes… (et parmi eux, par ceux qui sont les plus proches des instincts animaux d’ambition forcenée.

Malheureusement, à l’échelle mondiale, où nous prétendons vivre sous le régime de la démocratie… nous vivons en réalité sous celui de la « phallocratie ». Il faut que cela change !

L’avenir dépend de l’intelligence et surtout de la volonté et du courage des femmes… Avec l’appui des hommes – sans doute très nombreux – capables de réfléchir, non pas dans le sens de leur avantage illusoire de sexe, mais dans celui de l’intérêt de l’humanité…

Dans la mesure où l’on peut se permettre de donner un conseil aux femmes, disons-leur :  « ne faites pas l’erreur de vous laisser avoir par les idéologues qui ont créé la théorie du genre !

Comprenez qu’en réalité – peut-être consciemment, mais plus probablement de manière totalement inconsciente – entre autres mobiles inavouables, les inventeurs de la théorie du genre ont voulu donner un coup de frein à l’ascension des femmes – qu’ils redoutent confusément ! ».

Certes, on nous répondra qu’il y a des femmes parmi eux et dans les instances gouvernementales …

Mais quelles femmes ? Des femmes-femmes ? ou des femmes-hommes ? Ou des femmes qui ne sont ni homme ni femmes ? (des femmes neutres conformément à la lumineuse théorie du genre – mais qui sont regardées avec un certain dédain caché par leurs collègues masculins…)

La femme est l’avenir de l’homme

Jean Ferrat avait bien raison de chanter – sans l’avoir prouvé, mais, probablement, en l’ayant senti…) « la femme est l’avenir de l’homme » !

Certains pourraient penser que cette analyse semble faire la part trop belle aux femmes… mais il ne faudrait pas se tromper : ce n’est pas une description de ce qui est…  Mais bien au contraire, de ce qui n’est pas ! Ou pas encore…

Si bien que les lectrices ne devraient pas prendre ces propos comme l’offre d’un bouquet de fleurs, mais, à l’inverse, comme une critique implicite : « voilà la condition que vous n’avez pas été capables d’imposer à la société »!

Cependant ne vous sentez pas humiliées, car, comme nous tous, vous avez l’excuse de la réalité du déroulement progressif de l’histoire des hommes sur notre planète Terre…

Cette excuse ne vous dispense cependant pas de prendre vos responsabilités pour infléchir le cours des choses… Merci aux femmes qui agiront et félicitations aux hommes qui comprendront !

Une confidence

« Le féminisme » : je saisis l’occasion de ce texte pour faire une confidence à mes lecteurs – celle d’un certain regret que je traîne toujours lorsque j’écris. Me conformant au vocabulaire de notre langue française, lorsque je veux désigner l’homme en tant qu’être humain, homme ou femme, j’utilise toujours le mot « homme ».

Je suis sûr que tout le monde me comprend (y compris les femmes), mais j’éprouve quand même un certain regret. Je pourrais l’éliminer par l’emploi d’une formule appropriée, mais je m’y refuse parce que ce serait une erreur d’alourdir le style.

(Ce sentiment m’amène à comprendre l’initiative de ceux (et celles) qui ont voulu créer le « langage inclusif », mais je trouve que leur solution est à la fois lourde, et, à mon avis quelque peu ridicule…)

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