Le but de la politique

Deux grands choix possibles pour l’idéal Politique

L’idéal politique pour un pays consiste à le servir, mais qu’est-ce à dire ? Est-ce qu’il s’agit de travailler pour le bien de la nation conçue comme une entité ayant une valeur en soi (comme s’il s’agissait d’un être humain…) ? Ou, au contraire, d’agir pour le bien de tous les citoyens ?

Selon les lieux et les époques les gouvernements choisissent l’une ou l’autre de ces orientations. Dans la plupart des cas, ils penchent dans le sens de l’objectif national, parce qu’il permet aux dirigeants d’obtenir des résultats plus visibles, plus flatteurs pour eux. (Avec, en même temps, l’avantage d’un comportement plus conforme aux vieilles traditions acceptées par la majorité des politiciens).

Pour leur politique, les grands et les petits pays font des choix différents pour leur idéal politique

Différence de choix entre les grands et les petits pays

Cette tendance est évidemment plus poussée pour les pays les plus puissants, tels que les États-Unis, et surtout la Chine. Et aussi pour certains autres (comme la France et la Grande-Bretagne), moins assurés d’accéder au premier rang de la compétition internationale, mais qui ne sont pas prêts à renoncer aux vieux rêves de l’époque de leur ancienne puissance.

Inversement, les petits pays affranchis de ce genre de préoccupations, ont naturellement tendance à adopter un idéal politique destiné à rechercher le bien de leur population.

C’est ce qui explique que les pays du nord de l’Europe ont pour  souci principal d’offrir à leur population une bonne qualité de vie.

Comparaison de la valeur des choix de l’idéal politique

Comparaison de la valeur des choix de la politique

Qui a raison ? Évidemment les nations qui cherchent le bien de leur population. D’autant plus que le rêve d’influence et de prestige d’une nation n’est qu’une forme d’orgueil stérile qui  n’aboutit jamais qu’à des résultats toujours provisoires, donc parfaitement illusoires.

Et souvent à la guerre ou à une honteuse exploitation des peuples les plus pauvres (notamment ceux d’Afrique et d’Amérique du Sud et l’Asie).

Toutefois une importante nuance doit être apportée à cette affirmation : elle n’est vraie que lorsque l’idéal politique consiste dans la recherche d’une puissance dont le but est de marcher sur les pieds des autres…

Deux choix d’idéal politique en apparence opposés mais qui peuvent être complémentaires

Deux choix opposés en apparence, mais qui peuvent être complémentaires :

Par contre, pourvu qu’elle ne ressemble pas à une forme d’orgueil et qu’elle vise surtout à apporter aux autres nations une contribution intellectuelle, artistique et spirituelle, ce genre d’ambition mondiale est parfaitement légitime et souhaitable…

D’ailleurs, dans ce cas, les deux préoccupations [le service de tous les citoyens et l’influence mondiale], évidemment concurrentes sur le plan budgétaire, en réalité, sont complémentaires, car l’influence culturelle de son pays apporte aux citoyens un légitime et agréable motif de fierté.

Les grands choix politiques de la France

Les grands choix politiques de la France

Notre beau pays, la France, au lieu de s’essouffler à vouloir courir après les grandes puissances folles, pour se donner l’illusion que sa puissance nucléaire la rend comparable à eux, serait bien mieux inspirée de concevoir un grand programme culturel destiné à l’ensemble du monde.

Il serait plus fructueux d’entretenir des professeurs, des instituteurs et des artistes français pour former les jeunes étrangers, que de payer des techniciens pour l’entretien de porte-avions et de sous-marin nucléaires qui vont rapidement finir à la casse.

Notre puissance nucléaire, qui nous coûte si cher, ne nous rapporte qu’une influence illusoire, celle de permettre à nos présidents successifs de la république française de figurer sur les photos des conférences officielles à côté de Trump, de Poutine et de Xi Ping !). Mais tout cela est sans lendemain (sauf si l’on continue indéfiniment à poursuivre cette politique insensée!).

Par contre, l’influence de la langue française prépare notre avenir collectif à moyen et à long terme à la fois sur le plan de notre influence commerciale et de la manière dont nos enfants seront perçus – et reçus – lorsqu’ils voyageront dans le monde.

Première remarque : la France marchande d’armes

Première remarque : la France marchande d’armes

1 – Reconnaissons quand même que notre armement nucléaire comporte bien un autre privilège que celui de la vanité de nos bons présidents de la république : un « avantage » dont on se garde de parler… (y compris dans la presse, sauf quand elle est bien obligée d’y faire allusion – ) : celui de conforter la France dans la position qui la place dans les tous premiers fournisseurs d’armes du monde.

Mais nos armes sont sans doute des armes défensives qui servent à défendre des dictatures contre l’agression de leurs peuples…

(Pourtant que les Français qui aiment notre armée ne voient pas dans ces propos une attitude antimilitariste !) Car, dans le cadre du réalisme de ce que sont les hommes, l’armée conventionnelle,qui fait appel à une grande technicité et à de grandes valeurs humaines, mériterait quant à elle, un effort accru (qui ne pourrait être que favorable à notre sécurité, à celle de l’Europe. à celle des populations où nous intervenons – donc à tout le monde, sauf aux terroristes…)

Une vue plus modeste et plus réaliste de nos objectifs, en réduisant la part du budget militaire consacré au nucléaire, permettrait un meilleur équipement de l’armée classique chargée de manière réaliste et efficace d’accomplir des missions de défense dans certaines zones où nous avons intérêt à intervenir …

De plus, une répartition plus sage de nos moyens financiers nous permettrait, comme dans les petits pays, de connaître un niveau de vie – et d’éducation – plus élevé.

Deuxième remarque : une influence culturelle libre et pluraliste

Deuxième remarque : une influence culturelle libre et pluraliste

L’objectif du développement de l’influence française à l’échelon mondial est en principe souhaitable. Mais à condition que ce ne soit pas pour porter un message unique. Surtout si de plus il correspond à un passé révolu et erroné – du genre émerveillement de la révolution française de 1789 ! Ou, au contraire, à l’annonce d’un avenir conçu comme une idéologie néfaste, du genre de celle que nous contribuons à répandre de nos jours.

Gardons-nous de répandre une pensée unique. La culture française doit être celle de la liberté et de la diversité. La vraie culture d’une civilisation doit être un grand débat poursuivi entre des sensibilités et des convictions opposées.

Notre responsabilité de citoyens français

Notre responsabilité de citoyens français

Nous, Français, à peu près tous profondément imprégnés dans notre inconscient d’un orgueil national illusoire, nous ferions bien de méditer ce genre de vérité.

Cela nous éviterait de nous faire les complices aveugles de nos dirigeants qui rêvent « pour la France » (mais en fait pour leur orgueil personnel et pour plaire à leurs amis de la finance ) de la meilleure place possible dans le système mondial de la défense.

Le vrai objectif de la politique

Le vrai objectif de la politique

Pour nous, l’objectif de la politique consiste à servir le mieux possible la dignité des habitants de notre pays (sans oublier ceux qui, dans le reste du monde, ne dépendent pas directement de nous).

Servir les hommes, cela ne consiste pas à leur procurer toujours plus de richesses (qui ne leur donnent pas le bonheur) ; c’est assurer les conditions matérielles et institutionnelles destinées à permettre de développer librement la dignité de chaque habitant ; c’est donner – à tous – le revenu nécessaire permettant de développer leurs potentialités. Et de le faire en respectant la liberté de conscience de tous. (Voir philosophie)

Réponse à une objection

Réponse à une objection

Les éternels esprits sceptiques (qui se croient réalistes, mais ne sont en réalité que des gens blasés…) objecteront sans doute qu’un tel objectif est trop idéaliste pour pouvoir être admis par la population telle qu’elle est.

Ils n’ont pas entièrement tort. Mais ce sont des gens battus d’avance, donc des faibles, qui ne cherchent pas à surmonter les obstacles.

Conclusion

Conclusion

La politique ne consiste pas – comme on le fait en France – à vouloir hisser – à grand-peine – un pays dans le groupe des puissances nucléaires et dans celui des marchands d’armes. Ni, comme on le fait en France et dans les pays riches, à vouloir gaver son peuple de biens inutiles destinés à enrichir une minorité de grands capitalistes mondiaux installés sur leurs yachts.

Au plus haut niveau de sa conception, la politique d’un pays n’est pas au service de son influence en tant que groupe national. Elle est faite pour permettre à sa population (et à chacun de ses habitants) de réaliser le plus pleinement possible sa vocation d’homme. Cela, bien sûr dans un esprit de paix et d’universalité de l’espèce humaine.

(voir aussi pas Politique)