Craintes et espoirs

Lorsque nous envisageons l’avenir,  nous, hommes et femmes, de ce début du XXIe siècle, nous sommes  dans le désarroi. Et dans la division. La plupart d’entre nous craignent le pire : celui d’une vie de plus en plus dure pour nos enfants – voire insupportable.

Quelques-uns, au contraire  (en général parmi les plus riches de la Terre ) imaginent un monde dans lequel l’homme, modifié par la technique, aurait acquis une puissance nouvelle, propre – suppose-t-on  – à lui apporter un supplément de bonheur…

Ainsi, pour la plupart, nous baignions dans une crainte irraisonnée, tandis que d’autres nagent dans l’irrationnel et le délire.

Les deux grands types de comportement

À l’arrière-plan de toutes ces attitudes, on devine deux types de comportement : pour beaucoup des craintes, et, au contraire, pour quelques-uns des espoirs.

Les craintes

Les grandes craintes sont au nombre de trois qui habitent des types de populations différentes :

  • de la part des hommes lucides : la frayeur de la menace écologique ;
  • de la part d’une petite minorité d’hommes privilégiés : la peur d’un accroissement insupportable de la population mondiale ;
  • de la part de la grande majorité de la population ordinaire : la crainte pour l’avenir dune évolution d’un mode de vie de plus en plus dur pour les hommes

A part celle concernant l’avenir écologique de notre planète, ces inquiétudes, certes en partie fondées, procèdent largement d’une attitude de type irrationnel.

l’espoir

Face à ces craintes, une petite minorité d’hommes, appartenant aux milieux les plus riches de la planète, qui se croient auto-investis d’une lucidité et d’une responsabilité à l’échelle du monde et de l’avenir de l’humanité, manifestent une totale indifférence et ne voient dans l’avenir que des sujets d’espoir.

Bien qu’à priori très surprenante, leur attitude est bien compréhensible.

Car, maîtres de moyens financiers pratiquement sans limites, qui leur confèrent une immense puissance sur l’évolution de la société, ils croient que leur supposé génie leur permettra de résoudre tous les problèmes et de construire un monde nouveau où les hommes – ou au moins leurs descendants – seront heureux.

Ceux-la misent sur trois leviers :

  • une forte réduction de la population mondiale (qu’ils préparent habilement et en grand secret ),
  • le contrôle des populations de la terre (rendu possible par l’informatique et internet),
  • et grâce au transhumanisme, la construction d’un homme nouveau.

Face à ces espoirs, chacun peut penser ce qui lui plait. Mais, quant à nous, nous ne prendrons pas la peine d’en discuter, car vouloir réfuter le délire c’est non seulement inutile, mais nuisible, car cela revient à lui accorder un statut de sérieux, dont il est totalement dépourvu.

Ne leur rendons pas ce service. Ne commettons pas l’erreur à laquelle se livrent certains commentateurs bien intentionnés (ou désireux de se faire mousser par l’alignement d’arguments faciles, propres à impressionner les naïfs).

Contentons-nous seulement d’un jugement à l’emporte-pièce : tout cela n’est que du délire de gens qu’une richesse excessive a coupés des réalités et a rendus orgueilleux et fous.

Ajoutons cependant, à l’intention de ceux qui aiment la culture (la petite culture) : ces gens ne représentent que les victimes ignorantes du vieux mythe de Prométée (dont vous connaissez sans doute la morale que les hommes peuvent en tirer pour leur usage…).

Cela dit, ne négligeons surtout pas de nous souvenir de leur projet de réduire la population mondiale par des moyens que le commun des mortels n’imagine pas. (voir le capitalisme financier.)

Dans les deux cas, on vogue dans l’irrationnel le plus total. Pour en sortir, il faut essayer de repérer où l’on se trouve… Où l’on se trouve dans le déroulement de l’Histoire des hommes, avec l’intention d’en comprendre le sens et d’en tirer parti pour préparer des réformes en vue d’améliorer le présent et de préparer l’avenir.