Six profils de dirigeants politiques riches

Le politicien fou 

Le politicien fou est un homme, plein d’énergie, qui s’identifie lui-même a une idée folle, consistant à accomplir une mission destinée à sauver l’humanité,  soit  à lui assurer le plaisir d’exercer un pouvoir absolu. (Lénine et à Staline constituent deux exemples de ces deux variantes.)

Il est facile de mépriser ce genre de politicien… Mais on peut aussi éprouver une profonde peine à l’égard d’hommes qui, non seulement portent peut-être la responsabilité d’avoir fait tuer des millions d’hommes, mais qui, quand même, à titre personnel, ont raté la chance inouïe de devenir des êtres humains normaux capable d’être heureux et aimés.

Pour essayer de les comprendre dans leur mystérieuse vérité personnelle, il est bon :

de les imaginer dans les bras d’une mère qui les aimait et probablement, rêvait pour eux d’un belle réussite humaine) ;

peut-être aussi de ne pas exclure la possibilité qu’ils aient peut-être été profondément méprisés par des parents indignes…).

Mais quelle est l’utilité de ce petit exercice ? D’abord, faire preuve d’intelligence et de cœur ; et, aussi, d’être à même peut-être de mieux comprendre les mobiles et les attitudes des politiciens concernés.

Nul être humain doté d’intelligence et de cœur ne peut juger le fond de l’âme d’un politicien fou. Le juger constitue d’ailleurs une erreur personnelle : celle de se considérer comme un juge, le juge que l’on est incapable d’être…

Le politicien véreux 

Le politicien véreux: heureusement, en France, sans doute très peu d’hommes politiques méritent une telle qualification… Par contre, on sait bien qu’il en existe un grand nombre sur les cinq continents.

Le politicien ambitieux et habile.

 Le politicien ambitieux et habile est celui qui, à tous les stades de son activité publique, ne pense en secret qu’à une seule chose : à saisir toutes les occasions possibles pour monter dans l’échelle du pouvoir.

Ce comportement est celui de l’immense majorité des politiciens en France et dans le monde.  . Malheureusement, le fait d’être ambitieux et habile ne constitue pas la garantie de l’aptitude intellectuelle et morale à occuper les fonctions recherchées.

Le politicien ambitieux est à l’image de la nation qui l’a élu, dont la morale intime préconise de penser d’abord et avant tout à soi-même. …) Une nation est gouvernée par les dirigeants qu’elle mérite.

 Arrivé au pouvoir, le politicien ambitieux et habile, continue à faire ce qu’il a fait pendant toute sa campagne électorale (qui lui a si bien réussi) : en faisant semblant de toujours respecter la vérité, il continue à mentir allègrement… 

Lorsqu’il se heurte à une difficulté majeure de nature à mettre son pouvoir personnel en jeu, au lieu, comme il devrait le faire, de porter le témoignage de sa conviction en démissionnant de sa fonction, il préfère se courber et le garder. (Dans les dernières décennies en France on a vu cela plusieurs fois…)

Les citoyens comprennent bien la situation, mais ils l’acceptent car ils savent que, de toute façon, avec un autre chef d’État, lui aussi, reflet de la nation, la situation n’aurait pas été meilleure…

Le politicien influençable

Le politicien influençable : c’est celui qui, n’étant pas pourvu d’une ligne de conduite intellectuelle et morale particulièrement ferme, se laisse impressionner par toutes sortes d’influences possibles de natures très diverses venant de son chef de parti, de la presse, des groupes de pressions  d’amitiés utiles à son élection, de l’opinion publique du moment – telle qu’il la ressent (en se trompant peut-être), des sondages (à peu près toujours plus ou moins truqués), de l’opinion de ses proches, etc. Et surtout, de sa peur de ne pas être élu ou réélu ! (Avec le risque de la perte de ses revenus, de son prestige social, de l’image qu’il se fait de lui-même etc.).

 À la lecture de toutes ces influences possibles – qui s’exercent en permanence de manière insidieuse sur tout élu, on comprend bien qu’il soit très difficile pour tout homme politique ordinaire de demeurer fidèle à ses convictions…(Surtout lorsqu’il n’en a pas !)

Aussi, pour choisir un candidat, il faut bien sûr, tenir compte de son programme, de son intelligence et de ses capacités personnelles… Mais, plus qu’on ne le fait généralement, prendre en compte sa valeur morale. (Mais le problème, c’est qu’elle n’est pas écrite sur le front de ceux qui sollicitent nos suffrages…)

 « Le politicien vertueux »

Le politicien vertueux, c’est celui qui fait passer son devoir envers la nation avant son intérêt personnel.

Mais la réalité existe-t-elle encore ? On pourrait en douter lorsqu’on observe la plupart des politiciens confortablement installés dans les palais dorés de la nation… (lesquels, pour la plupart, en toute sincérité, se sentent remplis des meilleures intentions pour le service du pays). Pourtant, c’est une erreur de se fier aux apparences.

S’il est impossible d’émettre une appréciation objective, il n’est pas déraisonnable de penser qu’une importante minorité mérite cette appréciation flatteuse… (Peut-être, l’application de la loi de Pareto pourrait-elle donner une idée raisonnable de la réalité… (Auquel cas, on serait amené à considérer que 20 % des hommes politiques appartiennent à la classe des politiciens vertueux…).

L’homme d’État :

Des hommes d’État, on en rencontre seulement quelques unités au cours des siècles.

L’homme d’État est celui qui possède à un haut degré des qualités rares que l’on trouve rarement réunies à l’intérieur d’une seule personne : l’intelligence, l’intuition, la perception immédiate des motivations des hommes, la conscience des besoins réels de la société contemporaine, le sens des réalités, l’aptitude à bien choisir les hommes et a bien organiser leur collaboration mutuelle, le sens des symboles et les attitudes personnelles à prendre pour se faire respecter, etc.

Et, surtout par-dessus tout cela, un amour sincère de sa nation, assortie d’une volonté farouche de la servir.

Pendant le dernier siècle, De Gaulle fut l’un de ces hommes qui ont eu le privilège de rassembler la plupart de ces qualités. Peut être peut-on considérer que ce fut aussi le cas de Churchill…

Malheureusement, les politiciens ordinaires – les ambitieux, les influençables, les habiles – ne sont pas favorables à l’arrivée au pouvoir des véritables hommes d’État. Aussi, comme on l’a vu en France, en 1940, au moment du désastre militaire de notre pays, comme à la fin de la guerre d’Algérie, on fait appel aux hommes d’État seulement quand tout semble perdu,  et que personne ne sait plus que faire pour reprendre la situation en main.

Il y existe donc une grande diversité de politiciens. Les proportions des différents types de profils caractérisent – de manière évidemment cachée – la situation de chacun des pays du monde.  La combinaison propre à chacun des pays détermine en grande partie la qualité de sa gouvernance. Aussi est-il essentiel pour les électeurs d’avoir assez d’intuition pour savoir deviner la valeur réelle des candidats aux élections