Que faire ?

Au moment où la civilisation décadente, non contente de ses dramatiques échecs actuels, s’apprête à en préparer de nouveaux – encore bien plus préoccupants -, nous avons la certitude que le moment est désormais venu pour elle – dès cette année 2020 !- de nous engager résolument sur une voie entièrement nouvelle.

Au moment où tout semble perdu, où aucun des esprits les plus éclairés ne prévoit rien de rassurant, nous avons toutes les raisons de croire en la capacité des hommes à se relever brusquement de leurs plus grosses erreurs … Une analyse rationnelle approfondie des réalités politiques, économiques et sociales du monde d’aujourd’hui milite largement dans le sens de cet espoir… Surtout, l’expérience nous enseigne qu’une telle confiance se trouve amplement confirmée par l’étude de la longue Histoire des hommes.

Rien ne se fera seul. Le changement sera le fruit d’un long combat contre les forces de l’inertie, des intérêts, de l’égoïsme et de la stupidité de tous ceux qui ne veulent rien changer. Le combat sera dur, mais il sera l’honneur de tous ceux qui voudront s’y engager.

Cependant, pour que ce combat puisse être livré avec succès, plusieurs conditions doivent être réunies :

1°) il faut qu’un petit nombre de citoyens aient parfaitement compris la situation de la société contemporaine dans ce qu’elle a de regrettable et d’essentiel et qu’ils soient capables de concevoir des solutions intelligentes et réalistes pour proposer un nouveau modèle de société adaptée aux véritables besoins des hommes ;

2°) que, parmi ceux-là, quelques-uns aient la foi, le courage (et, si possible, l’enthousiasme) pour faire comprendre la situation à un grand nombre et les entraîner à s’engager dans un changement (une révolution), dont beaucoup comprendront la possibilité et la nécessité.

Si quelques personnalités de valeur exceptionnelle (intelligentes, généreuses, habiles, disponibles, capables de mobiliser les élites moyennes) s’engagent sur cette voie, elles ont toutes chances d’être suivies par un grand nombre de gens du peuple. Car les gens ordinaires ont suffisamment d’intelligence et d’énergie pour comprendre et agir pour leur bien, mais le seul problème, c’est que jusqu’ici ils n’ont jamais trouvé un leader pour les entraîner.

Le seul vrai problème, c’est donc : est-ce qu’au moins un seul grand leader sera capable de se détacher du groupe humain résigné pour révolutionner la société ? La question est posée. Elle l’est à tous les hommes ambitieux et de talent. (Peut-être au lecteur qui lit ce texte?).

COMPRENDRE LA SITUATION, c’est comprendre l’essentiel (qui, au fond, pour les gens lucides, n’est qu’une évidence…). Qu’on peut résumer en cinq points :

1°) Sous l’apparence d’institutions variées, plus ou moins responsables du mal, il n’y a qu’un grand responsable caché : le monde de la finance internationale, qui, avec ses capitaux faramineux, ses conseillers recrutés dans les universités américaines et sa totale absence de sensibilité à l’égard des autres hommes, achète toutes les institutions présentes sur le globe pour les aider à atteindre leurs fins sordides et stupides (l’accroissement de leur prestige, de leur influence et de leur richesse. Ce milieu, d’aspect extérieur parfaitement honorable, est d’une dureté de cœur inimaginable pour les gens ordinaires que nous sommes. S’ils en avaient la possibilité et l’intérêt – ce qui heureusement n’est pas – ce sont des gens qui n’hésiteraient pas à faire disparaître tous les pauvres de la Terre …

2°) Par notre nature commune, qui nous rapproche des animaux (dont nous faisons d’ailleurs partie – avec quelques chose en plus…), le peuple a l’immense tort de suivre ses chefs – de leur faire confiance ! – et de ne pas nous débarrasser de ceux qui sont indignes de leur fonction, pour les remplacer (autant que possible avec intelligence !) par des responsables encadrés par des règles nouvelles contrôlées par le peuple. Le problème, c’est la naïveté et la résignation de l’immense majorité des gens.

3°) Le géant, dont nous avons à nous débarrasser n’est en réalité pas aussi redoutable qu’on l’imagine… Certes, il est prodigieusement riche et puissant, mais, d’une intelligence très faible, il n’est qu’un colosse aux pieds d’argile. Ses seuls véritables atouts (mais, il est vrai, considérables), sont sa technicité pour manipuler la population mondiale, son extrême détermination fondée sur une totale insensibilité au sort des humains. Et la passivité des hommes qui, jusqu’ici se sont toujours laissés faire ! Le problème, c’est que le peuple se laisse séduire par ses largesses fallacieuses et que les élites morales ne se sont pas encore montrées capable d’organiser la résistance et de renverser le courant …

4°) Cependant, lorsque certaines circonstances exceptionnelles s’y prêtent, le peuple est porteur de suffisamment d’intelligence et d’immenses énergies pour pouvoir se libérer.

5°) Les élites morales – dont, sans doute, lecteurs vous faites partie – sont porteurs d’une immense responsabilité : celle d’agir avec intelligence et courage pour entraîner le peuple dans la nécessaire révolution (qui ne résoudra certes pas tous les problèmes, mais permettra d’aborder une phase nouvelle plus favorable). (Il ne s’agit pas de croire que nous terminons l’histoire des hommes, mais de faire face aux difficultés qui sont celles de notre époque…). Jusqu’à maintenant, les élites morales n’ont pas pris leurs responsabilités, ou, lorsqu’elles l’ont fait, elles s’y sont mal prises (notamment en se trompant d’objectifs : elles ont voulu réfléchir au comportement des grands responsables , alors que le but aurait dû être de les remplacer).

Souhaitons que notre monde puisse bientôt quitter son étroit manteau de sottise, d’injustice et de malheur, pour choisir un nouveau vêtement ajusté aux mesures d’un corps désormais rajeuni.

Nous ne sommes pas au seuil du naufrage de l’humanité ! Nous sommes à la charnière entre une civilisation absurde en train de s’effondrer et une nouvelle en train de naître.

Mais c’est nous, membres de l’élite morale, qui y parviendrons par notre intelligence et notre courage.